vendredi 1 décembre 2017

1989 : le maillot HITACHI de Claude Criquielion


Sacré champion du monde à Barcelone en 1984, le belge Claude Criquielion est à deux doigts de réaliser le doublé, quatre ans plus tard, sur le circuit de Renaix. Son rêve se brise néanmoins contre les barrières dans lesquelles il est littéralement balancé par le canadien Steve Bauer. Franchissant la ligne d'arrivée à pied, le coureur d'outre-Quiévrain devient, dès lors, le chouchou d'une grande partie du public qui voit en lui le vainqueur moral d'une course finalement remportée par l'italien Fondriest. Tout au long de l'année 1989, Criquielion reçoit de nombreux témoignages de sympathie qui, ajoutés à sa soif de revanche, en font un des acteurs principaux de la saison. Vainqueur de la Flèche Wallonne, il est en lice pour la victoire dans le final de l'Amstel Gold Race où sa rivalité avec Steve Bauer atteint son paroxysme. Suivra une excellente 7ème place au classement final du Tour d'Italie, porteuse d'espérance pour la grande parade de juillet. Là, les couleurs jaune et rouge du leader de la formation Hitachi se montreront relativement discrètes. Sans doute pour avoir abandonner trop d'influx nerveux en début de saison. Un an plus tard, Claude Criquielion retrouvera sa régularité coutumière pour achever le dernier Tour de France de sa carrière à la 9ème place du classement général, juste devant un certain Miguel Indurain... Figure incontournable du cyclisme belge dont il a porté haut les couleurs tout au long des années 80, le sympathique coureur wallon s'est éteint prématurément à l'âge de 58 ans le 18 février 2015.

HITACHI sur le Tour de France 1989 :

91 Claude CRIQUIELION (Bel) 92 Hendrik DEVOS (Bel) 93 Dirk DE WOLF (Bel)
94 Jos HAEX (Bel) 95 Patrick JACOBS (Bel) 96 Jos LIECKENS (Bel)
97 Danny LIPPENS (Bel) 98 Marc SERGEANT (Bel) 99 Jos VAN AERT (P-B)

Aucune victoire d'étape. 36ème au classement final (Claude Criquielion)



samedi 18 novembre 2017

2008 : le maillot LAMPRE de Damiano Cunego


Parmi les histoires restant en mémoire des suiveurs du Tour de France, il y a celles qui renvoient aux actes de courage de champions victime de la malchance. Lors de l'édition 2008 de la Grande Boucle, c'est le cas de l'italien Damiano Cunego. Avant d'entamer la 18ème étape entre Bourg d'Oisans et Saint-Etienne, le leader de la formation Lampre est signalé à la 18ème place du classement général, bien en deçà des ambitions affichées en début de course par celui qui remporta le Tour d'Italie en 2004 avant de devenir lauréat du trophée du meilleur jeune du Tour de France en 2006. Là, quelques kilomètres après le départ, une terrible chute va jeter à terre celui que le peloton surnomme "Le petit prince". Le visage en sang, le coureur originaire de Vérone se remet en selle avant de se faire poser cinq points de suture par le médecin de la course. La suite de la journée s'apparente à un véritable calvaire : bien que soutenu par quatre de ses équipiers, Damiano Cunego perd progressivement pied sur un parcours vallonné tracé dans les monts du Forez. Il rallie cependant courageusement l'arrivée avec un débours de près de 20 minutes. Lucide quant à son état et soucieux de se soigner en prévision de la fin de saison, il ne prendra pas le départ le lendemain matin. C'était la voie de la sagesse : quelques semaines plus tard, il devait ajouter un troisième Tour de Lombardie à son palmarès après avoir été sacré vice-champion du monde à domicile sur le circuit de Varèse. Le blond grimpeur-puncheur reviendra sur le Tour de France en 2011 pour y décrocher, par le biais d'une 7ème place au classement final, son plus bel accessit sur l'épreuve...

LAMPRE sur le Tour de France 2008 :

71 Damiano CUNEGO (Ita) 72 Alessandro BALLAN (Ita) 73 Matteo BONO (Ita)
74 Marzio BRUSEGHIN (Ita) 75 Marco MARZANO (Ita) 76 Massimiliano MORI (Ita)
77 Daniele RIGHI (Ita) 78 Sylvester SMYZD (Aut) 79 Paolo TIRALONGO (Ita)

Aucune victoire d'étape. 23ème au classement final (Sylvester Smyzd)


samedi 11 novembre 2017

1988 : le maillot WEINMANN - LA SUISSE de Steve Bauer


Les années 80 voient débarquer en Europe de véritables pionniers du sport cycliste. Venus des quatre coins du monde, ils sont australiens (Phil Anderson), américains (Greg Lemond), colombiens (Luis Herrera) ou bien encore canadiens. En 1986, Alex Stieda est le premier citoyen des terres septentrionales américaines à endosser le maillot jaune du Tour de France. Son aventure, de courte durée, ne marquera guère les esprits, les suiveurs retenant plutôt le nom de son compatriote, Steve Bauer. En 1984, le natif de Saint-Catherines est en effet rentré dans la légende de son sport en finissant, à quelques semaines d'intervalle, sur le podium des Jeux Olympiques puis sur celui des Championnats du Monde. L'année suivante, sous le maillot "La Vie Claire", il termine à la 10ème place de son premier Tour de France. Coureur complet, il brille également dans les classiques flandriennes telles le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix. Mais son plus bel exploit sera sans doute réalisé sur les routes de la Grande Boucle en 1988. Sous la casaque à dominante blanche de la formation suisse Weinmann, dirigée par Paul Köechli, il remporte en finisseur la 1ère étape s'achevant à Machecoul après avoir placé une attaque tranchante à 11 kilomètres de l'arrivée. Quelques jours plus tard, à Nancy, profitant de la défaillance de Jelle Nijdam, il endosse le maillot jaune. On pense alors qu'il ne s'agira que d'un court intérim, la montagne se profilant à l'horizon. Là, la tunique or permettra au canadien de se sublimer. Si il finira par céder face aux assauts répétés de l'espagnol Pedro Delgado, il fera mieux que se défendre, terminant à Paris au pied du podium. Un résultat des plus inespérés pour celui qu'une partie du peloton avait surnommé "gros cul" à ses débuts dans les rangs professionnels...

WEINMANN - LA SUISSE sur le Tour de France 1988 :

191 Niki RUTTIMANN (Sui) 192 Steve BAUER (Can) 193 Jean-Claude LECLERCQ (Fra)
194 Pascal RICHARD (Sui) 195 Gerard VELDSCHOLTEN (P-B) 196 Frédéric VICHOT (Fra)
197 Michael WILSON (Aus) 198 Guido WINTERBERG (Sui) 199 Gerhrard ZADROBILEK (Aut)

1 victoire d'étape (Steve Bauer), 4ème au classement final (Steve Bauer)


vendredi 3 novembre 2017

2007 : le maillot PREDICTOR - LOTTO de Cadel Evans


Au milieu des années 2000, la loterie nationale belge s'associe à un laboratoire pharmaceutique pour sponsoriser une formation dont les têtes d'affiche sont des coureurs australiens. Sous la houlette de l'ancien professionnel Marc Sergeant, le sprinter Robbie Mc Ewen cohabite avec son compatriote Cadel Evans, ancien porteur du maillot rose de leader du Tour d'Italie après avoir été vainqueur à deux reprises de la coupe du monde de VTT. Les qualités de grimpeur et de rouleur du natif de Katherine en font un candidat potentiel à la victoire dans un grand tour. En 2006, après avoir triomphé dans le Tour de Romandie, Evans atteint les Champs Elysées, nanti d'une remarquable 5ème place au classement final du Tour de France : une première depuis les années 80 et les exploits de son illustre prédécesseur, Phil Anderson. Un an plus tard, il se présente dans la peau d'un challenger légitime du kazakh Alexandre Vinokourov, désigné par les suiveurs comme le grand favori de l'édition de la Grande Boucle prenant son essor de Londres. Là, il confirme les espoirs mis en lui en terminant second des contre-la-montre disputés à Albi et Angoulême. Sa régularité en haute montagne lui permet également de tutoyer le podium. Mais son style un rien heurté sur les pentes des cols pyrénéens trahit son infériorité face aux escaladeurs ailés Michael Rasmussen et Alberto Contador. Si le coureur danois devra s'éclipser honteusement de la course, Cadel Evans ne parviendra cependant pas à effacer son retard sur le jeune champion espagnol. A Paris, il campe un courageux second avec un modeste débours de 23 secondes. Qu'importe, le rendez-vous est pris. Plusieurs tentatives seront nécessaires avant qu'il ne triomphe, revêtu du maillot jaune, sur les Champs Elysées en 2011. Entre temps, Cadel Evans aura inscrit son nom au palmarès des championnats du monde (2009) et de la Flèche Wallonne (2010), faisant de lui le coureur cycliste le plus titré des antipodes.

PREDICTOR-LOTTO sur le Tour de France 2007 :

41 Cadel EVANS (Aus) 42 Mario AERTS (Bel) 43 Dario CIONI (Ita) 44 Chris HORNER (Usa)
45 Leif HOSTE (Bel) 46 Robbie Mc EWEN (Aus) 47 Fred RODRIGUEZ (Usa)
48 Johan VAN SUMMEREN (Bel) 49 Wim VANSEVENANT (Bel)

1 victoire d'étape (Robbie Mc Ewen), 2ème au classement final (Cadel Evans)


vendredi 27 octobre 2017

1991 : le maillot CARRERA de Claudio Chiapucci


Lors du Tour de France 1990, le public fait la connaissance d'un coureur italien au formidable tempérament d'attaquant et un rien gouailleur : Claudio Chiapucci. Porteur du maillot jaune dans les Alpes, puis les Pyrénées, il ne cédera aux assauts de Greg Lemond que la veille de l'arrivée à Paris dans le contre-la-montre du lac de Vassivière. Les dirigeants de la firme Carrera jeans se frottent les mains : le coureur âgé de 27 ans semble promis à un bel avenir. Le début de la saison 1991 confirme ces espoirs. Vainqueur de la classique Milan-San Remo dans des conditions dantesques, Claudio Chiapucci confirme également ses talents de grimpeur en montant sur le podium du Tour d'Italie. Aligné au départ de la Grande Boucle, on attend de lui qu'il joue son rôle d'animateur. Il sera bien plus que cela : il s'imposera en véritable détonateur, bousculant l'ordre établi et contribuant au déclin du triple lauréat Greg Lemond. Dans la 13ème étape, entre Jaca et Val Louron, le champion américain montre des signes de lassitude dans les derniers hectomètres du col du Tourmalet. L'espagnol Miguel Indurain flaire l'aubaine et se jette à corps perdu dans la descente. Chiapucci se lance à ses trousses et le rejoint à Sainte-Marie de Campan, au pied du col d'Aspin. Dès lors, l'association des deux coureurs va faire merveille. La concurrence est atomisée : si Gianni Bugno limite la casse, Greg Lemond concède plus de sept minutes à l'arrivée. Chiapucci tient là une éclatante revanche sur celui qui l'avait qualifié de "bandit". Cette victoire acquise au sommet de Val Louron, assortie d'un nouveau podium sur les Champs Elysées, porte en elle les germes d'un nouvel exploit d'anthologie que celui que l'on surnomme désormais "il diablo" réalisera, un an plus tard, sur les routes de Sestrières.

CARRERA sur le Tour de France 1991 :

3 victoires d'étapes (Djamolidine Abdoujaparov, Claudio Chiapucci), 3ème au classement final (Claudio Chiapucci), 1er du classement par points (Djamolidine Abdoujaparov), 1er du classement de la montagne (Claudio Chiapucci)



vendredi 20 octobre 2017

2002 : le maillot JEAN DELATOUR de Patrice Halgand


Lancée dans l'aventure du sponsoring cycliste en 2000, la société de joaillerie lyonnaise Jean Delatour aura connu, le temps de ses quatre années d'existence, l'honneur de trois participations au Tour de France. L'effectif de la formation dirigée par Michel Gros compte dans ses rangs des "briscards" expérimentés comme Eddy Seigneur et Laurent Brochard, ainsi que des valeurs sûres du cyclisme hexagonal comme Patrice Halgand, ancien vainqueur du classement final de la coupe de France. C'est grâce à ce dernier que l'équipe au maillot fuchsia et blanc décrochera son unique succès d'étape sur la Grande Boucle en 2002. Lors de la dixième étape entre Bazas et Pau, les baroudeurs sont à l'honneur. Onze coureurs animent la course et parviennent à se dégager après les premiers kilomètres parcourus à une vitesse record (48,932 km/h à l'arrivée !). Plus tard, la sélection s'opère dans la côte d'Auga, à une vingtaine de kilomètres du but, ne laissant plus en tête que le belge Dierckxsens, l'australien O'Grady et les français Pineau et Halgand. Le natif de Saint-Nazaire, bon puncheur, se sait néanmoins battu au sprint et lance une offensive désespérée dans une longue ligne droite à 8 kilomètres de l'arrivée. Son coup de poker réussit, les autres membres de l'offensive se tournant vers O'Grady qui refuse de prendre la poursuite à son compte. Nanti d'un avantage d'une trentaine de secondes, Patrice Halgand peut savourer sur la ligne le plus beau succès de sa carrière. A 28 ans, il confirme les espoirs entrevus sur les routes du critérium du Dauphiné Libéré et des Quatre jours de Dunkerque. Retiré des pelotons depuis 2008, il propose depuis, chaque mois, dans les colonnes de Vélo Magazine une rubrique appréciée de test de matériel.

JEAN DELATOUR sur le Tour de France 2002 :

1 victoire d'étape (Patrice Halgand), 17ème au classement final (Stéphane Goubert)



dimanche 8 octobre 2017

2011 : le maillot LEOPARD - TREK d'Andy Schleck


En froid avec le manager danois Bjarne Riis auprès duquel ils ont couru pendant plusieurs saisons, les frères Schleck montent en 2011 leur propre structure sportive. Cette dernière, appuyée par des capitaux luxembourgeois et soutenue par le fabricant de cycles américain Trek, adopte le patronyme énigmatique de Léopard. C'est sous une tunique au design noir et blanc d'une grande sobriété qu'Andy Schleck se présente au départ de la Grande Boucle revêtu du costume de grand favori de la course. A 26 ans, le cadet des fils de Johnny Schleck, ancien équipier de Luis Ocana dans les années 70, semble avoir atteint la pleine maturité de ses moyens. Vainqueur de la classique Liège-Bastogne-Liège en 2009 et déjà trois fois titré meilleur jeune du Tour de France, il semble enfin prêt pour s'imposer face à une solide concurrence incarnée par son grand rival Alberto Contador et l'australien Cadel Evans. Les Pyrénées, premier massif montagneux franchi par les coureurs lors de cette édition, accouchent d'une souris : les leaders se marquent et permettent au français Thomas Voeckler de conserver le maillot jaune. La décision viendra plus tard et prendra la forme de l'une des offensives les plus héroïques de l'ère moderne du Tour de France. Dans la 18ème étape, par delà les grands cols alpins de l'Izoard et du Galibier, Andy Schleck lance une attaque jugée suicidaire par les observateurs à 65 kilomètres de l'arrivée. Malgré un fort vent de face, il parvient cependant, dans son style caractéristique de grand gabarit, à creuser l'écart sur le groupe des favoris de la course. A 10 kilomètres du terme de l'étape, il possède ainsi plus de 4  minutes d'avance et revêt virtuellement le maillot jaune. La réaction énergique de Cadel Evans ne lui permettra pas de s'emparer du costume de leader de la course, mais Andy Schleck ira cueillir au sommet du col du Galibier, à 2645 mètres d'altitude, le plus beau succès de sa carrière. Cet exploit le fait entrer de plain-pied dans la légende du Tour de France. Sa carrière s'achèvera prématurément en 2014 après une rupture des ligaments croisés du genou, mais son nom figure depuis au palmarès de l'épreuve après le déclassement d'Alberto Contador pour dopage dans le Tour de France 2010.

LEOPARD - TREK sur le Tour de France 2011 :

1 victoire d'étape (Andy Schleck), 2ème au classement final (Andy Schleck), 3ème au classement final (Frank Schleck), 2ème au classement de la montagne (Andy Schleck), 2ème au classement par équipes.